CV technicien support informatique : exemple et modèle
Un CV de technicien support informatique qui passe le tri en France : titre N1 ou N2, rubrique outils, tickets chiffrés et un exemple complet à recopier.
Laddro Team

Le support informatique reste l'une des rares portes d'entrée dans la tech qui ne demande ni école d'ingénieur ni cinq ans d'études. C'est aussi pour cela qu'un poste ouvert chez un infogérant à Lyon ou à Roubaix ramène cent candidatures en une semaine, dont quatre-vingts strictement identiques.
Le marché, lui, n'a rien d'un désert. L'enquête Besoins en main d'œuvre 2026 de France Travail recense près de 2,3 millions de projets de recrutement en France, en baisse de 6,5 % sur un an, avec 43,8 % de projets jugés difficiles par les employeurs contre 50,1 % l'année précédente. Côté cadres, l'Apec prévoit dans ses Prévisions de recrutements de cadres 2026 environ 61 160 recrutements de cadres informaticiens sur l'année, en hausse de 4 %, ce qui reste de loin le premier profil recherché du pays. Les postes existent donc, mais les recruteurs ont repris le temps de trier.
Et ils trient sur des détails que la plupart des techniciens ne mettent pas sur leur CV : le niveau de support réellement tenu, l'outil de ticketing, la taille du parc, le périmètre exact. Voici comment monter le tien, rubrique par rubrique, avec un exemple complet à la fin.
Le format que les DSI et les ESN lisent vraiment
Une page si tu as moins de dix ans de métier, deux au maximum au-delà. En infogérance, ton CV passe presque toujours par un logiciel de recrutement avant d'atteindre un humain, et c'est là que se perdent beaucoup de bons profils.
La page « Logiciels de recrutement (ATS) » de France Travail est très explicite sur ce qui casse la lecture automatique : les mises en page à deux ou trois colonnes, les tableaux et les zones de texte, les jauges et les barres de progression pour évaluer les compétences, les polices fantaisie, les PDF scannés ou exportés en image. Elle recommande un fichier .docx ou un PDF texte dans lequel on peut sélectionner les mots, des polices classiques comme Arial ou Calibri, et des intitulés de rubriques standards : expérience professionnelle, formation, compétences techniques, langues, certifications. La même page précise que la moitié du score attribué par ces outils vient des mots clés repris de l'annonce, et rappelle d'écrire les sigles en toutes lettres au moins une fois.
Pour un technicien, cette dernière consigne compte double. Ton métier est un empilement d'acronymes. Écris « Active Directory (AD) » et « Microsoft Deployment Toolkit (MDT) » la première fois, puis utilise le sigle. Le logiciel qui cherche « Active Directory » ne trouvera jamais « AD » tout seul.
La photo n'est obligatoire nulle part en France et n'apporte rien ici. Le téléphone, l'e-mail, la ville et la mention du permis B, oui, en haut de la première page.
Le titre : N1, N2 ou proximité, dis-le en trois mots
« Technicien informatique » ne veut plus dire grand-chose. Entre celui qui décroche le téléphone dans un centre de services à Nantes, celui qui fait le tour des étages avec un chariot de postes et celui qui administre les GPO, il n'y a ni le même travail ni le même salaire.
Compare « Technicien informatique » avec « Technicien support N1 et N2, environnement Microsoft 365 et Intune, 4 ans en infogérance ». Le second permet de te classer immédiatement. Quelques titres qui fonctionnent selon ton profil : « Technicien support de proximité, parc de 900 postes, multisite », « Technicien helpdesk N1, centre de services, ITIL 4 Foundation », « Technicien systèmes et réseaux, Windows Server et VMware », « Technicien support bilingue français anglais, environnement international ».
Reprends l'intitulé exact de l'annonce quand il existe. Si l'offre parle de « technicien de proximité », écris cela, même si ton contrat disait « technicien d'exploitation ».
L'accroche : quatre lignes qui disent ce que tu traites sans escalader
France Travail conseille, dans son guide « Comment rédiger un CV efficace et percutant », de placer une courte accroche en haut du document pour résumer tes compétences clés. Sur ce métier, elle doit répondre à une seule question : qu'est-ce que tu résous seul, et qu'est-ce que tu escalades.
Technicien support informatique N1 et N2, 4 ans en infogérance Support à distance et de proximité sur parcs Windows 10 et 11, Microsoft 365, Active Directory et Intune. Traitement et qualification des tickets sous GLPI et ServiceNow, respect des engagements de service, préparation de masters et déploiement de postes en série. Interventions sur trois sites en Auvergne Rhône Alpes, permis B et véhicule personnel.
Quatre lignes, et le responsable du centre de services sait s'il te met sur une prestation. Les mots qui travaillent ici sont concrets : les versions de système, les outils de ticketing nommés, le mot « masters », le périmètre géographique.
La rubrique outils : celle que le recruteur regarde en premier
C'est la particularité du support informatique. Sur un CV d'électricien, ce sont les habilitations. Ici, c'est l'inventaire technique. Les annonces publiées sur Indeed, Free-Work ou les sites des infogérants demandent presque toutes les mêmes familles d'outils : un ITSM pour le ticketing, un annuaire, un outil de déploiement, une suite bureautique, une solution de prise en main à distance.
Ne fais pas une liste fourre-tout. Regroupe par famille, cela se lit en cinq secondes et le logiciel de tri retrouve ses mots clés :
Compétences techniques Ticketing et ITSM : GLPI, ServiceNow, EasyVista, Jira Service Management Systèmes : Windows 10 et 11, Windows Server 2019, macOS, distributions Linux Debian et Ubuntu Annuaire et postes : Active Directory (AD), stratégies de groupe (GPO), Microsoft Intune, SCCM, MDT Bureautique et messagerie : Microsoft 365, Exchange Online, SharePoint, Teams Réseau : TCP/IP, DHCP, DNS, VPN, Wi-Fi, brassage de baies, VLAN Mobilité : iOS, Android, gestion de flotte mobile (MDM) Prise en main à distance : TeamViewer, AnyDesk, Quick Assist Anglais technique : lecture de documentation et échanges écrits avec le support éditeur
Un principe simple : ne mets que ce que tu saurais expliquer en entretien pendant deux minutes. Un recruteur technique ouvre toujours la ligne qui l'intrigue, et un « Windows Server » posé là par confort se retourne contre toi en quinze secondes.
Tes expériences : volume de tickets, périmètre, délais
C'est ici que la plupart des CV s'effondrent, parce qu'ils décrivent la fiche de poste au lieu de décrire la personne. « Support utilisateurs, résolution d'incidents, gestion du parc » est la définition du métier, pas un argument.
Avant : « Support aux utilisateurs et traitement des tickets. »
Après : « Support N1 et N2 pour 850 utilisateurs répartis sur quatre sites de la métropole lyonnaise, 45 à 60 tickets GLPI par semaine, environ 75 % résolus sans escalade, prise en charge des incidents bloquants sous 4 heures. »
Avant : « Installation et préparation de postes. »
Après : « Déploiement de 320 postes lors du renouvellement du parc : préparation des masters sous MDT, intégration au domaine, migration des profils et des données, formation courte des utilisateurs à la prise en main. »
Avant : « Gestion des comptes et des accès. »
Après : « Création et désactivation des comptes Active Directory pour environ 40 arrivées et départs par mois, attribution des licences Microsoft 365, application des stratégies de groupe et inscription des postes dans Intune. »
Les indicateurs qui te positionnent sont toujours les mêmes : le nombre d'utilisateurs, le nombre de sites, le volume de tickets par semaine, le taux de résolution sans escalade, les délais tenus, la taille du parc déployé. Deux ou trois par expérience suffisent. Si tu sors d'alternance ou d'une reconversion, chiffre ce que tu peux : le nombre de postes préparés, les logiciels métier que tu supportais, ce que tu traitais seul en fin de contrat.
Précise aussi si tu étais chez le client final ou en prestation. Ce n'est pas un détail : une ESN veut savoir si tu sais te tenir sur un site client, et une DSI interne veut savoir si tu connais la vie d'un service.
Formation et certifications : dis-le simplement
Trois lignes suffisent. Le BTS Services informatiques aux organisations option SISR et le BUT Réseaux et télécommunications restent les entrées classiques, et le cabinet Michael Page indique dans sa fiche métier consacrée au technicien support informatique qu'un niveau bac+2 ou bac+3 est le plus souvent attendu, tout en rappelant que certains postes s'ouvrent avec un bac professionnel.
Les titres professionnels du ministère du Travail valent exactement autant sur ce marché, et beaucoup de reconversions passent par eux. D'après France Compétences, le titre Technicien d'assistance en informatique est enregistré au répertoire national au niveau 4, équivalent au baccalauréat, et le titre Technicien supérieur systèmes et réseaux au niveau 5, équivalent bac+2. Écris le niveau à côté de l'intitulé : tous les recruteurs ne connaissent pas ces sigles par cœur.
Côté certifications, ITIL 4 Foundation revient dans beaucoup d'annonces de centres de services, parce que le vocabulaire des incidents, des demandes et des engagements de service structure toute l'organisation. Si tu l'as, mets-la dans le titre du CV. Sinon, ne l'invente pas et ne mets pas non plus la liste de tes vingt attestations de suivi de webinaire.
Où postuler, et dans quel ordre
Les offres de support passent par francetravail.fr, Indeed, HelloWork, Welcome to the Jungle et Free-Work pour les missions en freelance ou en portage. L'Apec ne sert que pour les postes classés cadres, donc plutôt à partir de responsable de service ou d'administrateur systèmes.
La voie la plus efficace reste pourtant la candidature directe aux infogérants et aux ESN de ta région, qui gèrent les parcs de dizaines d'entreprises et ouvrent des postes en continu. Les agences d'intérim spécialisées dans les métiers techniques placent aussi beaucoup de techniciens de proximité, notamment lors des grandes campagnes de renouvellement de parc en fin d'année.
Prépare une version propre de ton CV, puis change le titre, l'accroche et l'ordre des familles d'outils pour chaque annonce. Dix minutes de travail, et le taux de réponse n'a plus rien à voir. L'assistant de Laddro le fait avec toi si tu bloques sur la page blanche.
Un dernier test avant d'envoyer. Relis ta première moitié de page en te demandant si un chef d'équipe pressé, qui a deux prestations à staffer, comprendrait en dix secondes quels tickets tu sais fermer seul. Si la réponse est non, le problème n'est pas le marché.