La semaine de 4 jours en France : où en est on vraiment ?
Au Royaume Uni, 92% des entreprises test ont gardé la semaine de 4 jours. En France, le débat avance lentement. État des lieux.
Laddro Team

La semaine de 4 jours fait rêver. Au Royaume Uni, les deux pilotes organisés par 4 Day Week Global et étudiés par Autonomy Institute et Cambridge University ont donné des résultats spectaculaires : 65% de réduction des arrêts maladie, 71% de réduction du burnout, et 92% des entreprises participantes au premier pilote ont choisi de continuer. Au second pilote (2024/2025), 100% des 17 entreprises ont gardé le modèle.
En France, la situation est plus complexe. Et ce n'est pas seulement une question de volonté politique.
Le contexte français : déjà à 35 heures
La France est dans une situation unique. Avec les 35 heures (loi Aubry, 2000), le pays a déjà la durée légale du travail la plus courte des grandes économies européennes. Les RTT compensent les heures au delà des 35h, donnant à beaucoup de cadres français 50+ jours de repos par an.
Dans ce contexte, passer à 4 jours tout en maintenant 35 heures revient à travailler 4 journées de 8h45. C'est faisable mais ça ne change pas fondamentalement le volume de travail. Le vrai gain serait de passer à 32 heures sur 4 jours (4 × 8h) avec maintien du salaire, le modèle 100:80:100 testé au Royaume Uni.
Les expérimentations françaises
Plusieurs entreprises françaises testent la semaine de 4 jours, principalement dans la tech, le conseil et les services. Le groupe LDLC (e commerce) a été l'un des premiers à l'adopter en 2021 pour ses 1 000 salariés. Les retours sont majoritairement positifs.
La fonction publique a aussi lancé des expérimentations dans certaines collectivités. Les résultats varient selon les modalités : compression des horaires sur 4 jours (même nombre d'heures) ou réduction réelle du temps de travail.
Pourquoi ça avance lentement en France
La résistance patronale. Le Medef et les organisations patronales considèrent que la semaine de 4 jours est « irréaliste » pour beaucoup de secteurs, notamment l'industrie, le commerce et les services.
Le coût. Réduire à 32 heures avec maintien du salaire équivaut à une augmentation de coût horaire de 10%. Pour les PME, c'est un frein majeur.
Les 35 heures comme « obstacle perceptuel ». Paradoxalement, le fait que la France soit déjà à 35 heures rend l'argument de la réduction du temps de travail moins percutant qu'au Royaume Uni (où la norme est 40 heures) ou aux États Unis (où c'est 40 à 50 heures).
Ce que tu peux faire
Si la semaine de 4 jours t'intéresse, certaines entreprises l'offrent déjà. Cherche les dans tes critères de recherche.
Tu peux aussi négocier individuellement. En France, tu as le droit à la Brückenteilzeit (non, ce n'est pas un mot français, mais le principe existe via l'article L. 3123 1 du Code du travail) : tu peux demander à passer à temps partiel, par exemple à 80% sur 4 jours. Avec le droit à la Teilzeit... pardon, au temps partiel (§ 8 TzBfG... non, c'est l'article L. 3123 6 du Code du travail), ton employeur ne peut refuser que pour des motifs objectifs.
Et si tu cherches un employeur qui offre déjà la semaine de 4 jours, explore les offres sur Laddro.