Stages et alternance : entre tremplin et exploitation
La gratification minimale d'un stage est de 4,35€ par heure. Beaucoup de stagiaires font le travail d'un salarié sans la rémunération. Où est la limite ?
Laddro Team

En France, le stage est un passage quasi obligé pour les étudiants. L'alternance est montée en puissance ces dernières années, portée par des aides gouvernementales massives. Mais derrière les chiffres de l'apprentissage « en plein essor », la réalité de terrain est plus nuancée.
Stage : tes droits
Gratification obligatoire. Pour tout stage de plus de 2 mois (consécutifs ou non au cours de la même année universitaire), l'entreprise doit verser une gratification minimale de 4,35 euros par heure (soit environ 600 à 650 euros par mois pour un temps plein), fixée par la loi (articles L. 124 6 et D. 124 6 du Code de l'éducation).
Durée maximale. Un stage ne peut pas dépasser 6 mois par année universitaire dans la même entreprise, sauf dérogations.
Convention obligatoire. Tout stage doit faire l'objet d'une convention tripartite (étudiant, entreprise, établissement d'enseignement). Pas de convention = pas de stage légal.
Congés et absences. Pour les stages de plus de 2 mois, tu as droit à des congés (déterminés par la convention ou l'accord d'entreprise). La convention peut aussi prévoir des autorisations d'absence.
Tu n'es pas un salarié. C'est la règle fondamentale. Un stagiaire n'est pas censé remplacer un salarié absent, occuper un poste permanent, ou exécuter une tâche régulière nécessaire au fonctionnement de l'entreprise. En pratique, cette règle est souvent contournée.
Alternance : un modèle qui fonctionne (quand il est bien fait)
L'alternance (apprentissage ou contrat de professionnalisation) est un vrai contrat de travail. Tu alternes entre formation et entreprise, et tu es rémunéré.
Rémunération apprenti. Elle dépend de ton âge et de l'année de contrat. Pour un apprenti de 21 à 25 ans en 2e année : 61% du SMIC (environ 1 100 euros bruts par mois). À 26 ans et plus : 100% du SMIC.
L'explosion de l'apprentissage. En 2023, la France a dépassé le million de contrats d'apprentissage en cours, un record historique. Les aides de l'État aux employeurs (jusqu'à 6 000 euros par apprenti) ont largement contribué à cette croissance.
Les limites. Certaines entreprises utilisent les aides à l'apprentissage pour obtenir de la main d'œuvre bon marché sans réelle intention de formation ou d'embauche. Le taux d'insertion à l'issue de l'alternance varie fortement selon le secteur et le niveau de formation.
Quand le stage devient de l'exploitation
Tu remplaces un poste. Si tu fais exactement le même travail qu'un salarié, avec les mêmes responsabilités et les mêmes horaires, pour 600 euros par mois, c'est de l'exploitation légale (ou illégale si les conditions du stage ne sont pas respectées).
Le stage « à rallonge ». Certaines entreprises enchaînent les stagiaires sur le même poste. Un stagiaire part, un autre arrive. Le poste existe de manière permanente mais il est toujours occupé par un stagiaire. C'est interdit : un délai de carence d'un tiers de la durée du stage précédent doit être respecté.
Le « stage obligatoire mais non rémunéré ». En dessous de 2 mois, l'entreprise n'est pas obligée de verser la gratification. Certains programmes de formation imposent des stages de 6 à 8 semaines pour exploiter cette faille.
Tes recours
Si tes conditions de stage ne respectent pas la loi, tu peux contacter l'inspection du travail, le référent stages de ton établissement, ou le Défenseur des droits.
Et si tu cherches un stage ou une alternance qui respecte tes droits, Laddro peut t'aider à trouver les bonnes opportunités.