CV restauration 2026 : exemple de CV serveur et cuisinier qui décroche un essai
Un CV de serveur ou de cuisinier qui passe en France en 2026 : titre, expériences en couverts, disponibilités, HACCP et un exemple complet à recopier.
Laddro Team

La restauration cherche du monde toute l'année et pourtant beaucoup de candidatures restent sans réponse. L'enquête Besoins en main-d'œuvre 2026 de France Travail compte 319 000 projets de recrutement dans l'hôtellerie et la restauration, dont 44 % jugés difficiles par les employeurs, notamment à cause des conditions de travail et de la saisonnalité. Dans la même enquête, les aides de cuisine et employés polyvalents de la restauration arrivent en tête des métiers les plus recherchés du pays avec 97 100 projets. Le paradoxe tient en une phrase : les postes existent, mais le patron de brasserie qui cherche un chef de rang pour lundi lit ton CV entre deux services, debout, en trente secondes. Voici comment le construire pour qu'il réponde à ses questions dans ce laps de temps.
Le format attendu pour un CV en restauration
Une page, toujours. Même avec dix saisons et six établissements derrière toi, tout tient sur une page si tu regroupes les extras et les remplacements. France Travail le dit sans détour dans ses conseils de rédaction : « Trop d'infos tuent l'info. Soyez clair et synthétique. »
Enregistre en PDF et nomme le fichier proprement, du type CV-Dupont-Marie-chef-de-rang.pdf. Ton CV va circuler par mail, par WhatsApp et parfois imprimé en cuisine. Une photo d'écran floue prise sur un téléphone finit à la poubelle, un PDF net reste lisible partout.
Deux types de lecteurs vont l'ouvrir. Les groupes comme Accor, Elior, Sodexo ou Bertrand passent par des logiciels de tri qui lisent le texte ligne par ligne : oublie les colonnes croisées, les jauges de compétences et les icônes à la place des intitulés. L'indépendant, lui, cherche trois informations en un coup d'œil : quel poste, quel type d'établissement, quelles disponibilités. Un document sobre satisfait les deux.
La photo n'est jamais obligatoire. Le Code du travail limite les informations qu'un employeur peut demander à celles qui présentent un lien direct avec l'emploi proposé (article L1221-6), et une photo n'en fait pas partie. En salle, beaucoup de candidats en mettent une quand même. Si tu choisis d'en ajouter une, qu'elle soit prise de face, en tenue neutre, pas un recadrage de photo de soirée.
Le titre : ton poste exact, pas « restauration »
« Restauration » ou « polyvalent » ne dit rien. Le métier est découpé en postes précis et c'est le poste qui déclenche l'appel. Écris l'intitulé que tu vises, avec le type de service et le volume.
Compare « Serveur » avec « Chef de rang, brasserie 180 couverts, 6 ans d'expérience ». Le second situe immédiatement ton niveau de cadence. Adapte selon ton poste : commis de cuisine, chef de partie, second de cuisine, plongeur, runner, barman, maître d'hôtel, employé polyvalent, réceptionniste. Si l'annonce parle de « chef de rang tournant » ou de « commis pâtisserie », reprends ces mots, ce sont eux qui sont recherchés dans les bases de CV.
L'accroche : trois lignes qui répondent aux questions du recruteur
Sous le titre, trois lignes suffisent. Elles doivent dire d'où tu viens, à quelle cadence tu travailles et quand tu es libre.
Exemple que tu peux reprendre en changeant les données :
Chef de rang, 6 ans en brasserie et en bistronomie à Lyon. Habitué aux services de 150 à 200 couverts, rang de 25 couverts en autonomie, encaissement et gestion des réclamations. Anglais courant, disponible en coupure et le week-end, permis B et véhicule.
En cuisine, la même logique avec les mots du poste :
Chef de partie garde-manger, 4 ans en restauration traditionnelle. Envoi de 70 à 90 entrées par service, mise en place complète du poste froid, commandes fournisseurs et respect du plan de maîtrise sanitaire. Formation hygiène alimentaire de 14 heures suivie en 2024.
Les expériences : parle en couverts, en rang et en brigade
C'est là que la plupart des CV du secteur se ressemblent. « Service en salle, prise de commandes, encaissement » décrit le métier, pas ton niveau. Le recruteur veut savoir combien de couverts tu encaisses un samedi soir et dans quelle taille de brigade tu tiens ton poste.
Avant : « Serveur dans un restaurant. Service en salle, prise de commandes, nettoyage. »
Après : « Serveur puis chef de rang, brasserie de quartier, Bordeaux, 2023 à 2026. Services midi et soir, 160 à 220 couverts par jour. Rang de 24 couverts en autonomie. Formation de 4 extras pendant la saison estivale. Encaissement et clôture de caisse. »
Avant : « Cuisinier, préparation des plats et respect des normes d'hygiène. »
Après : « Commis puis chef de partie, restaurant traditionnel de 90 couverts, Nantes, 2022 à 2026. Poste chaud, envoi de 60 à 80 plats par service dans une brigade de 5. Mise en place, gestion des stocks du poste et relevés de températures. »
Les chiffres à sortir sont toujours les mêmes : nombre de couverts par service ou par jour, taille du rang, taille de la brigade, nombre de chambres si tu viens de l'hôtellerie, panier moyen si tu le connais. Ajoute la ville et le type d'établissement, parce qu'un service en gastronomique et un service en restauration rapide ne s'apprennent pas au même rythme.
Si tu as enchaîné les extras, ne liste pas quinze lignes d'une soirée. Regroupe : « Extras en service, 2024 à 2026, environ 60 vacations pour des traiteurs et brasseries de Marseille, banquets de 100 à 400 couverts. » Le contrat d'extra est un CDD d'usage prévu par la convention collective des hôtels, cafés et restaurants (IDCC 1979), personne ne s'étonnera de ce format.
Disponibilités et mobilité : la rubrique que presque personne ne remplit
Dans ce secteur, la disponibilité fait souvent la différence avant l'expérience. Un employeur qui recrute pour un service du soir ne veut pas découvrir au téléphone que tu ne travailles pas le week-end. Mets une rubrique courte, en bas du CV, et sois franc.
Disponible immédiatement. Coupures, soirs, week-ends et jours fériés acceptés. Saison possible du 1er avril au 30 septembre, logement souhaité. Permis B et véhicule personnel. Mobile sur Annecy et bassin annécien.
Si tu es logé sur place pour une saison, dis-le. Si tu ne fais pas les coupures, dis-le aussi : tu perdras deux entretiens et tu en gagneras un vrai.
Diplômes et attestations : ce qui compte vraiment
Le secteur recrute beaucoup sans diplôme, mais les certifications qui touchent à la sécurité alimentaire et à la vente d'alcool se vérifient. Mentionne, avec l'année et l'organisme :
- CAP Cuisine, CAP Commercialisation et services en hôtel, café, restaurant, Bac pro Cuisine, Bac pro Commercialisation et services en restauration, BTS Management en hôtellerie restauration, ou titre professionnel équivalent.
- La formation spécifique en matière d'hygiène alimentaire de 14 heures. Selon service-public.fr, tout établissement de restauration commerciale doit compter au moins une personne formée depuis le 1er octobre 2012, et cette formation ne peut être délivrée que par une CCI ou un organisme déclaré auprès du ministère de l'Agriculture. Si tu l'as, elle vaut une ligne visible : c'est une contrainte réglementaire en moins pour l'employeur.
- Le permis d'exploitation si tu vises un poste de responsable ou de gérant d'un établissement avec licence.
- Les langues, avec un niveau honnête. Dans les zones touristiques, l'anglais opérationnel pèse autant qu'une année d'expérience de plus.
Compétences : cite les outils réellement utilisés
Une liste d'adjectifs ne prouve rien. Nomme les logiciels et les techniques que tu maîtrises, ce sont eux qui rassurent sur ta prise de poste.
Côté salle : caisse et encaissement sur Zelty, Lightspeed, L'Addition ou Tiller, réservations sur TheFork Manager, Zenchef ou Guestonline, gestion des allergènes, accord mets et vins, service à l'assiette et au guéridon. Côté cuisine : mise en place, envoi, plan de maîtrise sanitaire, relevés HACCP, gestion des pertes et des stocks, respect de la chaîne du froid. En hôtellerie : Opera, Mews, check in et check out, clôture de nuit.
Un mot sur les prétentions salariales
Si l'annonce demande tes prétentions, pars des minima réels. Le SMIC est passé à 12,31 euros brut de l'heure et 1 867,02 euros brut par mois pour un temps plein le 1er juin 2026, selon service-public.gouv.fr. Les premiers échelons de la grille de la convention collective des hôtels, cafés et restaurants sont alignés sur ce plancher, ce qui veut dire qu'annoncer le SMIC pour un poste de chef de rang expérimenté te dessert. Donne une fourchette brute mensuelle, précise si tu parles de 35 ou de 39 heures, et rappelle en entretien ce que tu apportes en volume de couverts.
Où l'envoyer, concrètement
France Travail reste le passage obligé pour les offres officielles et les jobs saisonniers. Ajoute lhotellerie-restauration.fr, la référence du secteur, où tu peux déposer ton CV dans la CVthèque consultée par les recruteurs. HelloWork et Indeed relaient beaucoup d'annonces de groupes. Pour les extras et les renforts, les plateformes de missions comme Brigad et Extracadabra fonctionnent très bien à Paris, Lyon, Bordeaux et sur la côte.
Et le canal le plus efficace reste le plus ancien : passer en personne, CV imprimé à la main, entre 15 h et 17 h, quand le service du midi est terminé et que celui du soir n'a pas commencé. Beaucoup de patrons recrutent ce jour-là, sur place. Si tu veux gagner du temps sur la mise en forme avant de tirer tes copies, tu peux créer ton CV et l'exporter en PDF propre.
Les erreurs qui coûtent l'essai
Pas de dates ni de villes : impossible de vérifier ton parcours, le CV part en bas de la pile. Un CV de deux pages pour trois expériences : le lecteur décroche. Aucune disponibilité indiquée : l'employeur suppose le pire. « Dynamique, motivé, sens du contact » sans une seule preuve : ces trois mots sont sur tous les CV du secteur. Un numéro de téléphone sur lequel tu ne réponds pas : dans la restauration, un recruteur appelle une fois, parfois deux, puis passe au suivant.
Ce qu'il faut retenir
Un bon CV de restauration tient sur une page, annonce un poste précis, chiffre les couverts et la brigade, dit clairement quand tu peux travailler et cite les certifications vérifiables. Relis le tien avec la question du recruteur en tête : est-ce que je saurais, en trente secondes, si cette personne peut assurer mon service de samedi soir ? Si la réponse est oui, tu auras ton essai.